Journée mondiale de lutte contre le sida

Le 1er décembre est décrété Journée mondiale de lutte contre le sida. La population est invitée partout dans le monde à s’investir activement dans la lutte contre le sida et le VIH et à montrer sa solidarité vis-à-vis des personnes séropositives.

Welt-Aids-Tag Illustration: Daniel Müller

Quelque 36,7 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde. Environ 19,5 millions d’entre elles ont accès au traitement antirétroviral, soit 2,4 millions de plus qu’en 2015 et presque 12 millions de plus qu’en 2010. Globalement, on observe toujours une légère tendance à la baisse s’agissant du nombre de nouvelles infections. En Afrique orientale et australe, ce nombre diminue de manière significative chez les adultes, tandis que les chiffres prennent l’ascenseur en Europe orientale et en Asie centrale. En dépit de tous les efforts d’information, les personnes séropositives doivent toujours faire face aux préjugés et à la discrimination. Les quelque 20 000 personnes séropositives en Suisse peuvent aussi en témoigner. Harcèlement sur le lieu de travail et licenciements, révélation de la séropositivité dans les médias sociaux et dans la sphère privée, refus de prise en charge des traitements, obstacles pour ceux qui souhaitent se mettre à leur compte ou encore mention illicite du VIH en présence de tiers ne sont que quelques-uns des exemples quotidiens de discrimination dont sont victimes des personnes séropositives. Pourtant on sait depuis 2008, date de la publication de la fameuse « déclaration suisse », que les personnes séropositives sous traitement efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle. Le traitement efficace fait que la charge virale n’est plus détectable et, par conséquent, il n’y a plus non plus de transmission du VIH. 

Les personnes séropositives sous traitement efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle. C’est un fait. Mais d’autres infections sexuellement transmissibles (IST) peuvent toujours se transmettre, même avec un préservatif. Comme il se peut qu’une IST ne s’accompagne d’aucun symptôme, un dépistage régulier suivi, le cas échéant, d’un traitement constitue la méthode la plus efficace pour abaisser le taux d’infection. »
Dr Gay, Aide Suisse contre le Sida

Et qu’en est-il des autres infections sexuellement transmissibles ?
Les nouveaux cas d’infections sexuellement transmissibles (IST) ont augmenté de manière significative en Suisse ces dernières années, alors que le taux d’infection lié au VIH stagne depuis des années.
Si l’on avait confirmé quelque 200 cas de syphilis en 2006, ce nombre a passé à presque 800 dix ans plus tard. La gonorrhée livre un tableau similaire : environ 800 cas en 2006, près de 2400 en 2016.

Les gens en Suisse négligent-ils pareillement leur santé sexuelle ?

C’est tout le contraire en réalité. Si les chiffres augmentent en Suisse, c’est parce que les campagnes de prévention sont efficaces, que le réseau de dépistage se densifie sans cesse et qu’un nombre croissant de personnes se font dépister. De leur côté, les médecins abordent aussi plus fréquemment la question des IST avec leurs patientes et patients et leur recommandent un dépistage le cas échéant. Les mentalités évoluent par ailleurs lentement mais sûrement au sujet des IST qui se défont peu à peu de leur « sale » réputation pour entrer dans la normalité.
L’Aide Suisse contre le Sida s’investit depuis des années en faveur d’une meilleure sensibilisation aux IST et d’un dépistage plus fréquent, conformément au PNVI (Programme national VIH et autres infections sexuellement transmissibles 2011-2017). Son objectif est d’améliorer la santé sexuelle de la population suisse. Si aucune des IST n’est aussi dangereuse que le VIH, elles peuvent néanmoins avoir des conséquences graves si elles ne sont pas traitées (maladies chroniques, stérilité, etc.). Qui plus est, elles peuvent ouvrir la voie au VIH. Comme la plupart des IST s’accompagnent d’une inflammation des muqueuses dans la région génitale, l’infection par le VIH ou la transmission du virus en sont facilitées. Ce qui est valable pour la prévention du VIH l’est aussi pour les IST : ce n’est pas la maladie en soi qui est dangereuse, mais les personnes qui ne connaissent pas leur statut.

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