18e Conférence internationale sur le sida
Vienne, 18. - 23. juillet 2010
- Points forts de la conférence : jeudi 22 juillet 2010
- Points forts de la conférence : mercredi 21 juillet 2010
- Points forts de la conférence : mardi 20 juillet 2010
- Points forts de la conférence: lundi 19 juillet 2010
- Une délégation de professionnels de l’Aide Suisse contre le Sida présente à Vienne
Contact médias à Vienne
Durant la conférence du 18 au 23 juillet 2010, Bettina Maeschli, porte-parole de l’Aide Suisse contre le Sida, reste atteignable pour les journalistes au numéro +41 (0)79 357 60 20.
bettina.maeschli[a]aids.ch
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Points forts de la conférence : jeudi 22 juillet 2010
VIH et vieillissement – un sujet négligé
Grâce aux traitements disponibles à l’heure actuelle, les personnes séropositives ont une espérance de vie quasi normale. Pourtant, le groupe des séropositifs de plus de 50 ans n’a guère retenu l’attention jusqu’à présent, et ce en dépit de la forte hausse du nombre de séropositifs vieillissants. Ainsi, ce sont aujourd’hui déjà plus de 120’000 personnes de plus de 50 ans qui vivent avec le VIH aux Etats-Unis. De nombreuses contributions présentées à la Conférence internationale sur le sida ont abordé ce sujet jusqu’ici négligé.
Le traitement des séropositifs vieillissants est extrêmement complexe. Des infirmités de l’âge telles que l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires ou les cancers viennent s’ajouter à l’infection à VIH. Souvent, il n’est guère possible de savoir si les problèmes de santé sont liés au VIH ou au vieillissement du patient ou de la patiente. De plus, le traitement médicamenteux est difficile : il faut en effet tenir compte de l’interaction entre médicaments et traitement antirétroviral.
Les séropositifs vieillissants sont davantage confrontés aux soucis de prévoyance vieillesse que les séronégatifs. Bon nombre d’entre eux se sentent isolés et les dépressions sont fréquentes. L’idée fait peur de devoir dépendre des autres en vieillissant et de ne plus pouvoir contrôler soi-même la prise des antirétroviraux.
Les personnes d’âge mûr ont, elles aussi, une vie sexuelle
Les personnes d’âge mûr sont aussi sexuellement actives et elles risquent de s’infecter avec le VIH. Aux Etats-Unis, les personnes de plus de 50 ans représentent aujourd’hui 10% des nouvelles infections. Or, les campagnes de prévention ne s’adressent souvent qu'à un public jeune. Des messages relatifs au sexe à moindre risque visant les hommes et les femmes d’âge mûr sont nécessaires.
Toutes les contributions l’ont souligné : il faut davantage de données sur la situation des personnes séropositives. En outre, la prévention doit être étendue aux personnes de plus de 50 ans.
Les juristes doivent encore se former
L’ONUSIDA et toutes les organisations mondiales actives dans le domaine du VIH s’investissent depuis des années afin que la transmission du virus, dans la mesure où elle n’est pas délibérée, ne soit pas réprimée. Les séropositifs sont sanctionnés extrêmement durement, en particulier en Europe, aux Etats-Unis et au Canada. Dans ces pays, un pourcentage élevé de la population séropositive subit des condamnations, en nombre totalement disproportionné par rapport à d’autres régions du monde où le virus est plus répandu. Récemment, une personne aux Etats-Unis a été condamnée à une peine privative de liberté de 25 ans. Autre fait particulièrement abscons, des personnes aux Etats-Unis ont également été punies pour avoir craché sur d’autres, alors qu’il est prouvé que le virus ne se transmet pas par les crachats. Il est apparemment inévitable de former aussi les juristes en ce qui concerne la transmission du VIH et sa stigmatisation. Voilà pourquoi trois nouveaux portails Internet ont été lancés à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida à Vienne, dont l’objectif est de former et de sensibiliser les professionnels du domaine juridique à tous les niveaux : www.aidslaw.ca/FR/kit-avocats, www.aidsmap.com/law et www.gnpplus.net/criminalisation.
Rent a Person with HIV/Aids

Le projet doit se poursuivre après la conférence de Vienne sous une forme encore élargie. Pour plus d’informations : www.lhive.ch
18e Conférence internationale sur le sida à Vienne : premier bilan
Durant une semaine, 25‘000 personnes ont débattu l’évolution future
du travail sur le VIH/sida dans le monde entier. Des êtres venus des
quatre coins du monde ont exposé leur situation sociale, médicale et
individuelle. On a pu observer des aspects intéressants et découvrir de
nouvelles tendances. Ainsi, il est de plus en plus question d’utiliser
le traitement du VIH comme mesure de prévention et une grande étude est
annoncée sur le sujet. Dans le domaine des microbicides, on a pris
connaissance des résultats très encourageants d’une étude de grande
envergure. Mais il a également fallu prendre acte d’éléments négatifs.
Ainsi, bien que le VIH/sida se propage à la manière d’une épidémie dans
les pays d’Europe orientale et en Asie centrale et qu’il menace de se
transformer en gigantesque problème pour les systèmes de santé de ces
pays, la Russie officielle a brillé par son absence. Les organisations
sans but lucratif qui font face à la crise en Europe orientale sont
alarmées au plus haut point.

Il reste à espérer que dans les deux ans à venir, jusqu’à la prochaine conférence qui se tiendra à Washington D.C., les prémices prometteuses maintiendront leur cap et que les voix qui se sont élevées à Vienne pour clamer « Rights here, right now » seront aussi entendues à l’Est.
Points forts de la conférence : mercredi 21 juillet 2010
Combiner traitement et prévention ! Des chercheurs suisses à la pointe sur le plan international
Le professeur Bernard Hirschel, chercheur suisse spécialiste du VIH,
était l’un des trois principaux conférenciers à Vienne ce mercredi.
C’est essentiellement au professeur Hirschel que l’on doit la publication, en 2008, de la « Déclaration de la CFS » selon laquelle les personnes suivant un traitement antirétroviral
efficace (TAR) ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle. En deux
ans, l’idée de combiner traitement et prévention est venue se placer au
cœur des débats portant sur l’avenir de la prévention du VIH.
Différentes manifestations y étaient consacrées à Vienne.
Hirschel a communiqué des données récentes et il a présenté un grand projet en Afrique par le biais duquel le chercheur genevois entend montrer que la prévention à l’aide du TAR fonctionne bel et bien. Les résultats de cette étude et d’autres études semblables seront disponibles d’ici trois ans environ.
On sait que le TAR peut empêcher efficacement la transmission du VIH. Ainsi, le VIH n’est pas transmis d’une mère séropositive à son enfant pendant la grossesse ou à la naissance si elle suit un traitement efficace. Voilà longtemps que cette connaissance a débouché sur des directives ad hoc dans le monde entier. On a également constaté au sein de grands groupes de couples sérodifférents (où l’un des partenaires est séropositif, l’autre séronégatif) qu’il n’y a pas de contamination si le partenaire séropositif est sous TAR efficace en permanence. Ces faits ont été exposés dans le détail à Vienne par différents conférenciers. En outre, il a été clairement montré à Vienne que l’application correcte d’un microbicide associé à une substance antirétrovirale peut, elle aussi, prévenir une infection [voire points forts du mardi].
Des questions sans réponse
On a toutefois aussi évoqué les questions sans réponse. Un très grand nombre de personnes séropositives ne connaissent pas leur statut sérologique et un pourcentage considérable des nouvelles infections à VIH émane de ce groupe. Juste après la contamination, les personnes sont hautement contagieuses et ne le savent pas dans la plupart des cas. Par ailleurs, le TAR n’est pas entièrement efficace chez tout le monde, soit parce que le traitement n’est pas suivi correctement, soit en raison d’autres maladies qui activent le système immunitaire et la reproduction du virus, soit encore parce que les médicaments anti-VIH n’ont pas tous la même efficacité.
Ces éléments mis à part, il reste d’immenses problèmes financiers et logistiques. En effet, l’approvisionnement en médicaments antirétroviraux de la majeure partie des personnes atteintes est extrêmement coûteux, difficile et complexe et il faudra des années pour le réaliser. Qui plus est, des obstacles financiers se dressent actuellement inutilement sur son chemin, ainsi le constat fait à Vienne.
Il n’est dès lors pas étonnant que la communauté internationale et les agences actives dans le domaine de la santé souhaitent obtenir des données fiables avant que soit donné le feu vert à l’utilisation du TAR à titre préventif et au gigantesque flux de capitaux qui lui est associé.
Cependant, il faut espérer que, du moins dans l’intérêt des personnes atteintes, l’extension des soins thérapeutiques aux séropositifs aille résolument de l’avant.
www.workpositive.ch– le portail d’information sur le VIH

En Suisse, environ 15‘000 des 25‘000 personnes vivant avec le VIH travaillent. 70% d’entre elles ont un emploi à plein temps. Parallèlement, on enregistre une augmentation des cas de discrimination et de violation de la protection des données en relation avec le VIH dans le monde du travail. C’est ce que révèle la forte hausse du nombre de cas traités ces dernières années par le service juridique de l’Aide Suisse contre le Sida.
C’est en réponse à cet état de fait que l’Aide Suisse contre le Sida a créé le site www.workpositive.ch. En peu de temps, le site a passé du statut de simple outil pour trouver un emploi à celui de portail d’information sur le VIH et l’emploi offrant des renseignements à la fois aux employeurs et aux employés.
L’évaluation statistique montre que ce site atteint son groupe cible : on a enregistré entre 62 et 282 visites par jour. Une grande partie des accès provenaient de Suisse et essentiellement pendant les heures de bureau.
Vers le site : www.workpositive.ch
Saisie et déclaration des cas de discrimination
Ce mercredi, l’Aide Suisse contre le Sida a présenté à la Conférence internationale sur le sida la manière dont les cas de discrimination sont recensés en Suisse. L’Aide Suisse contre le Sida est le centre de déclaration officiel suisse pour les discriminations liées au VIH. Les cas sont collectés par le service juridique à la cadence semestrielle et déclarés à la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS), une commission extraparlementaire, après avoir été rendus anonymes. Une copie est également envoyée à l’Office fédéral de la santé publique. Ce sont chaque année environ 70 à 80 cas qui sont déclarés de cette manière.
Il n’y a pas en Suisse de discrimination liée au VIH au niveau des lois, mais les discriminations vis-à-vis de personnes séropositives sont néanmoins fréquentes. Il est important de recenser et de transmettre les cas de discrimination à des offices gouvernementaux afin d’exercer une pression plus grande sur ceux qui pratiquent des discriminations. En outre, cela permet de mettre au point des programmes et des lois anti-discrimination et de les adapter.
La saisie et la déclaration des cas de discrimination sont à la base d’une lutte couronnée de succès contre la discrimination. Récemment, les cas survenant dans le domaine des assurances privées et de la pénalisation se sont multipliés. La Commission fédérale pour les problèmes liés au sida va désormais mettre au point, en collaboration avec des experts issus d’organisations gouvernementales et non gouvernementales, des mesures afin de cibler les discriminations dans ces domaines-là.
Gay-Box : tout ce dont l’homosexuel a besoin
La prévention auprès des hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (HSH) suit ses propres règles. Le lifestyle est un élément essentiel de l’esthétique gay et il englobe non seulement les accessoires à la mode, mais aussi les revues culte, les clubs tendance, les destinations idéales pour les vacances… C’est tout un univers qui s’ouvre. Depuis quelque temps, l’Aide Suisse contre le Sida apporte un concentré de cet univers sur la Toile : Gay-Box. Ce service en ligne innovant a aussi été présenté à Vienne à l’occasion de la Conférence internationale sur le sida et il a suscité un vif intérêt chez tous ceux qui s’occupent de prévention auprès des HSH.
Bien sûr, la Gay-Box ne fait pas qu’apporter lifestyle et glamour sur l’écran à la maison : elle sensibilise l’homosexuel aux messages de sexe à moindre risque et aux adresses d’urgence pour un dépistage anonyme. On trouve ainsi la box-urgence, les boîtes sex-coach ou encore sex-wiki, le tout intégré dans un ensemble attrayant que l’utilisateur peut même individualiser selon ses propres goûts.
Les expériences que l’Aide Suisse contre le Sida a pu récolter à ce jour avec cet outil en ligne sont très encourageantes. L’outil est bien utilisé par le groupe-cible. De plus, l’image homogène dans toutes les régions vient soutenir le travail des personnes chargées de la prévention sur place, y compris lors d’événements. Il y a là un effet de reconnaissance qui renforce incontestablement les mesures de prévention.
Les violations des droits de l’homme existent aussi en Suisse
Pénalisation de la transmission du VIH
L’Aide Suisse contre le Sida a évoqué ses expériences en matière de pénalisation de la transmission du VIH à l’occasion d’une table ronde. Il peut y avoir condamnation même si deux personnes décident librement d’avoir des rapports sexuels non protégés. Ce pour autant que l’une d’elles soit séropositive, et même si cette personne a informé son ou sa partenaire de sa séropositivité. En effet, en Suisse, même la tentative de transmission du VIH est punissable. Les tribunaux se fondent pour cela sur deux dispositions légales : la lésion corporelle grave et la propagation d’une maladie de l’homme dangereuse.
La pratique restrictive de la condamnation de personnes séropositives contrevient aux droits de l’homme. De plus, elle ne tient pas compte de la réalité des possibilités de traitement actuelles : si une personne suit un traitement efficace, elle ne peut plus du tout transmettre le virus. Néanmoins, cette personne est punissable si elle a des rapports sexuels non protégés. L’Aide Suisse contre le Sida s’investit à différents niveaux afin que cette pratique soit modifiée et que l’article sur la propagation d’une maladie de l’homme dangereuse ne soit plus appliqué.
Points forts de la conférence : mardi 20 juillet 2010
Etre dans son droit et obtenir justice : un jeune homme séropositif interdit de formation
Ce mardi, l’Aide Suisse contre le Sida a présenté à la Conférence internationale sur le sida un cas de droit suisse dans le cadre d’un atelier organisé par AIDS Action Europe. L’Aide Suisse contre le Sida préside actuellement cette association européenne d’organisations de personnes vivant avec le VIH.
Exposé du cas
Un jeune homme s’intéressant au métier de « technicien en salle d’opération » a passé les examens d’admission sans difficulté. Néanmoins, l’école a résilié le contrat de formation déjà signé en raison de son infection à VIH. L’ASS a alors fait recours. Elle a argué que l’annulation du contrat reposait uniquement sur le fait que le jeune homme était séropositif. Or il était qualifié pour ce métier, en bonne santé et tout à fait apte au travail. De plus, le risque de transmission du VIH est extrêmement minime. L’ASS a blâmé le fait qu’il ait été discriminé à cause de sa séropositivité.
Grâce à l’intervention de l’ASS, le jeune homme a obtenu justice. Un avis infectiologique est parvenu à la conclusion que le risque résiduel de transmission du VIH était pratiquement nul dans le quotidien d’un technicien en salle d’opération. La résiliation du contrat de formation avec effet immédiat était donc illégale.
Seule une loi anti-discrimination offre une protection
complète
Une particularité à signaler : l’école relevait de l’administration publique et donc du droit public, raison pour laquelle l’article 8 de la Constitution fédérale et la loi sur l’égalité en faveur des personnes handicapées s’appliquaient. S’il s’était agi d’une institution privée, ces dispositions n’auraient pas été applicables. Le droit révèle ici des lacunes. Seule une loi anti-discrimination applicable également à un rapport de droit privé octroierait une protection complète.
Ce sont en tout six cas en provenance de différents pays qui ont été présentés. Pour terminer, les participants ont décidé de continuer à échanger des informations concernant les cas de discrimination par-delà les frontières. Les cas doivent être recueillis dans une banque de données créée spécialement à cet effet sur www.aidsactioneurope.org.
La discrimination de travailleurs séropositifs coûte des millions
Lancement d’une recommandation internationale sur le VIH et le monde du travail
L’Organisation internationale du travail (OIT) utilise le tremplin de la Conférence sur le sida à Vienne pour lancer la phase opérationnelle d’une recommandation qui vient d’être adoptée sur le VIH et le monde du travail. Le milieu professionnel occupe une place prépondérante dans la lutte contre l’épidémie de VIH. C’est au travail en effet que l’on passe la plus grande partie de son temps. Ce temps doit être mis à profit pour la prévention du VIH et la sensibilisation. La recommandation de l’OIT demande aux employeurs de créer des conditions-cadre adéquates pour les personnes séropositives dans le monde du travail et de prévenir les discriminations. La démarche est finalement dans leur intérêt : elle permet d’économiser des coûts et évite que des personnes en âge d’exercer une activité lucrative soient écartées du monde du travail.
En tant que membre de l’ONU, la Suisse a, elle aussi, l’obligation de mettre en œuvre cette recommandation dès aujourd’hui. En effet, des personnes séropositives souffrent de discrimination en Suisse aussi.
Chaque année, l’Aide Suisse contre le Sida déclare 70 à 80 cas de discrimination à la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFS). Une grande partie des discriminations déclarées ont lieu en milieu professionnel. Et ce n’est là que la partie visible de l’iceberg. Voilà pourquoi l’Aide Suisse contre le Sida a lancé son programme VIH et activité lucrative en 2003 déjà et elle se voit maintenant confortée dans son travail par la recommandation de l’OIT. Infos concernant le programme : www.workpositive.ch.
Dans une prochaine étape, l’Aide Suisse contre le Sida va prendre contact avec des représentants de gouvernements, avec des syndicats et des employeurs pour aborder la question de cette recommandation et leur rappeler leurs responsabilités. Plus de renseignements sur www.ilo.org.
Renvoi de requérants d’asile séropositifs : intervention requise à l’échelle européenne
Les requérants d’asile séropositifs dont la demande d’asile a été rejetée sont souvent renvoyés. C’est le cas même s’il n’est pas garanti qu’ils obtiennent des médicaments dans leur pays d’origine. Pour la Cour européenne des droits de l’homme, cela ne constitue pas une violation de la Convention européenne des droits de l’homme, sauf si la personne souffre du sida en phase terminale. A l’occasion d’un atelier, les participants en provenance de divers pays ont débattu cette attitude restrictive.
Il est apparu qu’il faut intervenir contre cette politique à l’échelle européenne. Vu la justification de la Cour européenne des droits de l’homme, les pays européens ne sont nullement encouragés à changer quoi que ce soit à leur pratique. Il est par ailleurs important que les pays travaillent en réseau. Ainsi, il y aura davantage de données disponibles afin de prouver qu’il n’y a aucun accès au traitement dans le pays d’origine.
La Suisse aussi adopte une pratique très restrictive en ce qui concerne les requérants d’asile déboutés. Chaque année, le service juridique de l’Aide Suisse contre le Sida suit 20 à 30 personnes séropositives qui doivent être expulsées.
European Aids Treatment Group et Human Rights Watch ont édité des recommandations sur la manière de garantir un traitement sans interruption y compris pour les requérants d’asile séropositifs déboutés. Plus de renseignements sur : www.hrw.org
Une nouvelle mesure de prévention efficace contre le VIH
Pour la première fois, des infections par le VIH ont pu être évitées grâce à un microbicide.
Les microbicides sont des substances qui empêchent localement la transmission d’agents pathogènes. Contrairement aux préservatifs, ils peuvent être appliqués indépendamment du moment et du lieu du rapport sexuel. C’est important notamment dans les pays où les femmes ne peuvent pas imposer l’usage du préservatif en raison de leur statut social.
Jusqu’à présent, les microbicides contre le VIH fonctionnaient comme des spermicides et devaient bloquer la transmission du VIH à la manière d’une barrière chimique. Mais toutes les tentatives de ce type avaient échoué face au VIH. On teste désormais des microbicides contenant des substances antirétrovirales comme celles qui sont utilisées pour le traitement du VIH.
L’étude sud-africaine CAPRISA fait état d’un premier succès. Parmi les 889 femmes ayant participé à l’étude, la moitié ont reçu un gel avec la substance antirétrovirale Tenofovir, l’autre moitié recevant un placebo. Les femmes devaient appliquer le gel au niveau du vagin dans les douze heures précédant ou suivant un rapport. Il y a eu en tout 98 infections par le VIH sur une durée de 30 mois. Si l’on a dénombré 60 infections dans le groupe placebo, il n’y en a eu que 38 dans le groupe Tenofovir. Avec le gel Tenofovir, le risque d’infection à VIH a donc presque été divisé par deux.
Il faut également souligner que le gel était non seulement efficace contre le VIH, mais aussi, comme annoncé, contre le virus Herpes simplex 2 (HSV-2). C’est important parce que le HSV-2 favorise nettement l’infection à VIH et parce qu’il est largement répandu dans les régions à forte prévalence du VIH.
L’effet de protection est certes limité, mais c’est un grand pas qui a été franchi. Il faudra des recherches plus approfondies afin de confirmer l’efficacité de ce type de microbicides et de mettre au point un produit susceptible d’être agréé.
Coup d’œil au-delà des frontières
Le Muppet Show s’attaque au VIH
Tout le monde les connaît, Kermit la grenouille et Piggy la cochonne frivole. Appréciés des jeunes et des moins jeunes, les marionnettes du Muppet Show transmettent via l’écran de nombreux messages de sagesse. Les réalisateurs du Muppet Show utilisent désormais cet attrait pour faire la prévention du VIH auprès des enfants. Le film a été montré à la Conférence internationale sur le sida à Vienne. Le singe rigolo Abaka voyage avec son maître à travers la campagne africaine et s’arrête dans chaque village. Là, il installe sa roue de la fortune et pose quatre questions sur le VIH, ce qui doit permettre aux villageois de gagner beaucoup d’argent. Mais hélas, personne ne gagne, car personne ne connaît les bonnes réponses aux quatre questions. Tous ont une idée totalement faussée du VIH et de ses effets.
Comme d’habitude dans le Muppet Show, les personnages sont conçus avec beaucoup d’amour et une foule de détails qui les rendent reconnaissables entre tous. Avec tendresse et humour, ils montrent aux enfants comment se comporter correctement vis-à-vis des personnes vivant avec le VIH/sida et comment se protéger eux-mêmes d’une contamination. A l’issue de la projection, les enfants peuvent poser des questions. A propos : les adultes aussi réagissent très bien à ces films. Plus d’infos sur : www.nostrings.org.uk.
Points forts de la conférence: lundi 19 juillet 2010
Projet pilote suisse : insertion professionnelle des malades chroniques
Ce lundi, l’Aide Suisse contre le Sida a présenté, conjointement avec d’autres membres de la Conférence nationale suisse des ligues de la santé (GELIKO), un projet pilote d’insertion professionnelle des malades chroniques. En effet, un grand nombre d’entre eux sont touchés par le chômage de longue durée ou par l’invalidité en cas de perte de leur emploi.
70% des séropositifs travaillent
C’est un fait établi qu’en Suisse, près de 70% des séropositifs exercent une activité lucrative. Bien qu’ils soient, en règle générale, tout à fait aptes au travail, 25% perdent leur emploi suite à des discriminations, à du harcèlement ou à d’abstruses craintes de contamination de la part de l’employeur.
L’objectif du projet de la Conférence nationale suisse des ligues de la santé est de soutenir les personnes dans leurs efforts pour s’insérer professionnellement. Il faut sensibiliser les employeurs aux problèmes multiples des malades chroniques et aux possibilités de leur venir en aide.
Des services ont donc été mis sur pied dans trois régions pilotes (Bâle, Berne et Suisse orientale) afin de faire connaître les prestations et aides à l’insertion professionnelle aux offices AI et aux employeurs ainsi que de conseiller les personnes atteintes et les travailleurs sociaux.
Les premiers résultats seront évalués en été 2011 et c’est alors que l’on décidera de la suite des démarches.
Nécessité d’un règlement sur le VIH/sida en milieu professionnel : les séropositifs sont discriminés sur leur lieu de travail
Les séropositifs subissent des discriminations à bien des égards, en particulier sur le lieu de travail. S’ils assument ouvertement leur infection à VIH, ils courent le risque de ne pas avoir de promotion ou d’être fuis par leurs collègues de travail. Ils risquent également de ne pas obtenir un poste s’ils dévoilent leur statut sérologique au cours d’un entretien d’embauche. Pour toutes ces raisons, les entreprises et organisations ont besoin de directives qui les sensibilisent à la vie professionnelle au quotidien avec des personnes séropositives.
Mise en œuvre du règlement : un défi dans la pratique
Un atelier était précisément consacré à ce sujet ce lundi dans le cadre de la conférence. Comment introduire au mieux un règlement en milieu professionnel et surtout comment le mettre en œuvre ? Les participants étaient unanimes : l’introduction à elle seule ne suffit pas. Le règlement doit être ancré dans l’entreprise et vécu concrètement.
Il y a pour cela différentes possibilités. Idéalement, la nécessité d’un tel règlement doit être non seulement suggérée à l’entreprise de l’extérieur, mais également encouragée et soutenue par des collaborateurs séropositifs à l’intérieur même de l’organisation. En effet, l’argument principal des employeurs prétendant qu’ils n’ont pas de problème avec le VIH sur le lieu de travail ne fait pas mouche si des collaborateurs eux-mêmes affirment le contraire.
L’Aide Suisse contre le Sida aide les employeurs à introduire chez eux un règlement sur le VIH/sida et elle a mis au point un modèle à cet effet. Celui-ci peut être téléchargé sur www.workpositive.ch.
Changer le système par la voie judiciaire
Des modèles de bonnes pratiques issus du monde entier ont été présentés ce lundi dans le cadre d’une session. Ci-après deux exemples illustrant la possibilité de changer les choses par la voie judiciaire.
Dépistage forcé en Zambie
Les possibilités pour les jeunes hommes de trouver un travail en Zambie ne sont pas vraiment légion. Un grand nombre d’entre eux optent pour l’armée qui leur assure à la fois un revenu régulier, un toit et une structure comparable à une famille. Qu’une « entreprise » étatique comme l’armée effectue un dépistage forcé, voilà qui est, dans ces circonstances, plus que fâcheux. Pour cette raison, des ONG locales ont porté plainte contre l’Etat et elles ont gagné. Le tribunal a motivé son jugement en déclarant que le dépistage forcé constituait en soi une violation des droits de l’homme et était discriminatoire et qu’il empêchait de jeunes hommes de pouvoir gagner leur vie. Voilà un exemple porteur d’espoir qui montre un tribunal prenant la défense d’une minorité fortement stigmatisée, même lorsque l’inculpé est l’Etat.
Les avocats chinois partagent leurs connaissances
La province du Yunnan, située dans le Triangle d’or, a le taux de VIH le plus élevé de toute la Chine. Parallèlement, les discriminations y sont de plus en plus fragrantes et nécessitent l’intervention d’avocats. Jusqu’à ce jour, seule une étude d’avocats se chargeait des revendications des quelque 80'000 femmes et hommes séropositifs. Pas étonnant donc qu’elle soit totalement débordée. Elle innove désormais et recourt au transfert de connaissances pour former des collègues ainsi que d’autres bureaux d’avocats avec lesquelles elle est liée. Espérons que ce projet, suivi par l’université locale, pourra être présenté parmi ceux qui ont été couronnés de succès dans deux ans, à l’occasion de la prochaine Conférence internationale sur le sida.
Tax and treat
Robin des bois est vivant, et il est à Vienne en ce moment. C’est le sentiment qu’a eu quiconque souhaitait entendre le discours de Bill Gates à la Conférence internationale sur le sida qui se tient actuellement à Vienne. Des hommes habillés de vert ont pris d’assaut la scène, clamant haut et fort « tax and treat, no retreat » (taxer et traiter, pas de retrait) et exigeant que les gains en capital des instituts financiers soient soumis à une taxe et que ces recettes soient investies dans le traitement des séropositifs du monde entier.
Bill Gates a pris cela avec humour et a commencé par faire remarquer que de grands progrès ont été réalisés au cours des six dernières années : s’il n’y avait approximativement que 500'000 personnes sous traitement antirétroviral en 2004, elles sont aujourd’hui quelque 5,2 millions. Il a néanmoins admis que par rapport aux quelque 34 millions de personnes infectées, ça n’était de loin pas encore suffisant et il a assuré que la Fondation Bill et Melinda Gates continuerait à investir à coup sûr pour dix ans encore dans la lutte contre le VIH et le sida.
Coup d’œil au-delà des frontières
Préservatif – un mot (pas toujours) banal
En Inde, patrie du Kama-sutra, on ne parle pas de sexe. Jamais. Et « préservatif » y est un gros mot, une véritable injure. Mais alors comment parler avec son ou sa partenaire de protection contre le VIH et contre les infections sexuellement transmissibles ou encore de contraception si l’on n’a pas le droit de prononcer « le mot » ? Voilà le défi énorme qu’ont dû relever les réalisateurs de la campagne en faveur du préservatif en Inde. Ils ont montré à l’occasion du congrès international sur le sida à Vienne comment ils sont venus à bout de leur tâche, et avec brio. Le mot préservatif est placé dans les contextes les plus improbables. Ainsi, un sportif s’encourage pour les exploits les plus audacieux en répétant constamment le mot, soutenu par toute son équipe – et il gagne bien sûr. De son côté, une vieille tante appelle son adorable petit chien « préservatif ».
Dans un deuxième temps, la campagne a mis à disposition une sonnerie qui est devenue culte en très peu de temps. Depuis, les ventes de préservatifs ont fait un bond de 15 % en Inde. Plus de détails sur la campagne et téléchargement de la sonnerie : www.condomcondom.org
Contact médias à Vienne
Durant la conférence du 18 au 23 juillet 2010, Bettina Maeschli, porte-parole de l’Aide Suisse contre le Sida, reste atteignable pour les journalistes au numéro +41 (0)79 357 60 20.
bettina.maeschli[a]aids.ch
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Une délégation de professionnels de l’Aide Suisse contre le Sida présente à Vienne
Une délégation de professionnels de l’Aide Suisse contre le Sida prend part à la 18e Conférence internationale sur le sida à Vienne. Les participants y présenteront des contributions personnelles et s’informeront sur les récents développements en matière de prévention, traitement et anti-discrimination.
L’info en direct sur le VIH/sida
Lisez nos nouvelles en direct du congrès ! Derniers résultats des recherches, développements susceptibles d’intéresser la Suisse, idées de projets novateurs : nous vous faisons le compte rendu de la Conférence internationale sur le sida, grand-messe du VIH/sida qui a lieu tous les deux ans. Une newsletter donne des infos en direct de la conférence. Abonnez-vous maintenant à notre feed RSS ou inscrivez-vous ici.
Contributions de l’Aide Suisse contre le Sida à la conférence
L’Aide Suisse contre le Sida sera présente avec les contributions suivantes :- “Monitoring and reporting discrimination: a cooperation between non-governmental and governmental bodies”. Caroline Suter, Dominik Bachmann
- “Vocational Rehabilitation Pilot Program - An example of cross-sector cooperation among patient organizations (BECK Project)”. Caroline Suter, Dominik Bachmann
- “www.workpositive.ch – an information portal on HIV at work”. Rita Bossart
- “Legal Workshop "Using the Law to secure our rights" - presenting a case from Switzerland (AAE)”, Caroline Suter
- “GAYBOX“. Tobias Gläser, Marco Müller, Daniel Diriwächter, Daniel Bruttin


