XVIIe Conférence internationale sur le sida
Mexico,3. – 8. August 2008
Nouvelles de Mexico, jeudi 7 août 2008
Vivre avec le VIH: “L'impact des lois antidiscriminatoires dans le contexte du VIH/sida au travail" – Il reste fort à faire.
Juriste de l'Aide Suisse contre le Sida, Caroline Suter a présenté aujourd'hui son poster sur le thème de l'impact des lois antidiscriminatoires dans l'environnement professionnel pour les personnes vivant avec le VIH.
En Suisse, les discriminations envers les personnes vivant avec le VIH sont largement répandues, y compris dans le domaine du travail. Ceci a été démontré dans une étude du Fonds National en 2003 et se voit confirmé dans la pratique de la consultation juridique de l'Aide Suisse contre le Sida: 40% des quelques 600 demandes annuelles de soutien juridique portent sur des problèmes liés à l'activité professionnelle.
C'est la raison pour laquelle, de 2005 à 2007, une nouvelle étude du Fonds National a été consacrée à ce thème. Dans cette étude, menée conjointement par la Fachhochschule Nordwestschweiz et l'Aide Suisse contre le Sida, une comparaison a été faite des différentes législations anti-discrimination relative au VIH en France, en Allemagne, en Angleterre et au Canada, sous l'angle du travail. Elle a permis d'identifier les sources de discrimination potentielles en Suisse dans des situations telles que la procédure d'engagement, la signature du contrat d'embauche et à la conclusion du contrat de travail, en l'absence de lois antidiscriminatoires spécifiques.
Résultats
Bien que les résultats de cette étude ont montré que les lois antidiscriminatoires relatives au VIH ou à d'autres maladies chroniques ne sont pas capables d'éliminer toutes les situations de discrimination, il ne faut toutefois pas sous-estimer leur importance, d'une part, en raison des dispositions spécifiques de protection individuelle qu'elles offrent et, d'autre part, en raison de leur impact symbolique sur la société. Il serait donc souhaitable que la Suisse mette en place une telle loi.
2: Pärli/Caplazi/Suter: „Recht gegen HIV/Aids-Diskriminierung im Arbeitsverhältnis“, Verlag Hauptm Bern/Stuttgart/Wien 2007
Le poster présenté (PDF 990KB)
Aids Action Europe – Un réseau international indispensable pour un travail efficace
Aids Action Europe est un groupement d'organisations non gouvernementales (ONG) actives dans le domaine du VIH/sida dans toute l'Europe. Sa mission principale porte sur des activités de lobbying politique et de promotion des intérêts des personnes vivant avec le VIH en Europe. L'Aide Suisse contre le Sida est un membre actif de l'organisation, notamment par l'intermédiaire d’Harry Witzthum, chef de la division "Vivre avec le VIH", qui siège dans le Comité directeur.
À la session d'aujourd'hui, Harry Witzthum a présenté le rôle des comités de pilotage d'Aids Action Europe. Prenant l'exemple de la déclaration de la Commission fédérale sur les problèmes liés au sida, il a montré comment les décisions politiques d'un petit pays comme la Suisse peuvent avoir une influence globale sur les événements. Parallèlement, l'expérience acquise au sein de réseaux européens ont un impact sur l'orientation du travail de lutte contre l'épidémie en Suisse. Il est clair que le VIH/sida n'est pas un problème national; il nécessite d'une coopération paneuropéenne à tous les niveaux.
Le travail en réseau international et la collaboration active de l'Aide Suisse contre le Sida permettent d'assurer plus efficacement la défense des droits des personnes vivant avec le VIH dans notre pays.
www.aidsactioneurope.org
Groupe sida Genève et ONUSIDA: Plaidoyer pour la liberté de circulation des personnes séropositives
"Mes rêves ont été brisés: sans ces restrictions discriminatoires, je serais Docteur en Education aujourd'hui".
Gurmit Singh, collaborateur de l'International Aids Society qui organise la conférence de Mexico et a son siège à Genève, a témoigné hier publiquement des conséquences désastreuses des restrictions à l'immigration liées au VIH sur sa carrière académique, professionnelle et sa vie privée. Brillant chercheur, il obtient en 2005 une bourse présidentielle pour accomplir son doctorat en Australie. Mais pour obtenir son visa d'entrée un test de dépistage du VIH est exigé. Gurmit sait qu'il est séropositif et le visa lui est refusé, malgré son palmarès académique prestigieux et le financement intégral de ses trois années de séjour et de recherche. Un recours en appel aboutit, mais ne lui accorde qu'un visa temporaire renouvelable, à la condition d'une visite médicale trimestrielle obligatoire, en totale violation de ses droits humains. Choqué et désécurisé, Gurmit préfère renoncer à un avenir pourtant tout tracé. Obligé de justifier l'abandon de sa thèse, il lui a alors fallu annoncer son statut sérologique à ses collègues et à sa famille, non sans conséquences…
Le cas de Gurmit n'est malheureusement pas isolé. Tous les citoyens suisses porteurs du VIH sont également soumis à ces restrictions qui entravent leurs déplacement à l'étranger et affectent leur vie professionnelle et personnelle.
"A Genève, une personne sur cent vit avec le VIH et est donc privée de la liberté fondamentale de voyager", explique Deborah Glejser, porte-parole du Groupe sida Genève. L'association genevoise, antenne de l'Aide Suisse contre le Sida, est membre de la Cellule internationale de réflexion sur les restrictions aux voyages liées au VIH, laquelle a consacré à Mexico une session spéciale à ces restrictions en vigueur dans au moins 67 pays du monde.
La question est plus que jamais d'actualité: après la signature la semaine passée par le président Bush d'une loi abolissant l'interdiction faite depuis 1987 aux étrangers séropositifs d'entrer sur le territoire américain, la Chine annonce en marge de la conférence de Mexico la levée de ses interdictions pour 2009. Dans l'intervalle, y compris pour les Jeux Olympiques de Pékin, les visiteurs porteurs du VIH s'exposent toujour à une interdiction d'entrée et à un renvoi du pays, même si les sportifs et leurs accompagnateurs devraient être exemptés de déclaration obligatoire. Quant au changement de loi américain, il n'entrera pas en vigueur avant une décision administrative du Département de la santé.
Lors de cette session spéciale, la présence sur le podium de la députée au Congrès américain Barbara Lee, connue pour son engagement à combattre les restrictions imposées par son pays aux visiteurs séropositifs, a été chaudement applaudie. Les intervenants, parmi lesquels Susan Timberlake, coprésidente de la Cellule de réflexion et conseillère principale de l’ONUSIDA pour les droits de l’homme, ont présenté les résultats d'étude de la Cellule de réflexion qui réunit représentants gouvernementaux, experts des agences internationales et de la société civile (ONG) et personnes concernées. Cette expertise conclut qu'il n'existe aucune analyse objective justifiant la mise en place et le maintient de restrictions à la circulation des personnes séropositives dans le monde, ni sur la base d'arguments de santé publique, ni en considération de données économiques. A l'opposé, ces mesures s'avèrent néfastes pour la prévention de l'épidémie et contribuent à alimenter la discrimination.
Le document de synthèse et de plaidoyer publié par la Cellule de réflexion et présenté à Mexico est disponible sur le site du Groupe sida Genève (en anglais): http://www.groupesida.ch/04/informations/publications/documents.htm
Le rapport final et les recommandations de la Cellule de réflexion seront rendus publics en novembre 2008 (www.onusida.org).
Nouvelles de Mexico, mercredi 6 août 2008
La pénalisation de la transmission du VIH n'est pas une mesure de prévention: l'ONUSIDA réaffirme la position de l'Aide Suisse contre le Sida
La criminalisation de la transmission du VIH ne concerne pas uniquement en Suisse les personnes porteuses du VIH et les organisations qui représentent leurs intérêts. A Mexico, pas moins de 9 symposiums et sessions sont menés et 11 posters présentés sur ce thème. La Suisse joue toutefois malheureusement un rôle de premier plan dans la criminalisation de la transmission du VIH: une personne séropositive peut être poursuivie pénalement pour tout rapport sexuel non protégé, y compris s'il n'y a pas eu contamination, et désormais, depuis une récente confirmation du Tribunal fédéral, même si la personne ignorait qu'elle était porteuse du virus. L'Aide Suisse contre le Sida dénonce cette législation de plus en plus répressive, en particulier dans les cas où la transmission du VIH a lieu au cours d'une relation sexuelle occasionnelle, où la responsabilité des deux partenaires est dès lors engagée de façon égale. Il n'est pas correct de placer l'entière responsabilité de la prévention sur le partenaire séropositif cette criminalisation injustifiée contribue à alimenter la stigmatisation que subissent femmes et hommes vivant avec le VIH en Suisse. Cette position a été confirmée ce matin per l’ONUSIDA.
Lors d'une session spéciale sur le thème "Transmettre ou ne pas transmettre, est-ce bien là la question?", la situation de la pénalisation de la transmission du VIH dans différents pays a été passée en revue. À cet égard, tous les intervenants furent unanimes: la tendance mondiale à l'introduction de nouvelles dispositions pénales ou le renforcement de l'application des lois existantes contre les personnes vivant avec le VIH est une catastrophe pour les programmes de prévention.
Certains experts ont même parlé du "virus HIL" (LHI en français), le "virus de la Loi Hautement Inefficace". Ces quatre dernières années rien qu'en Europe, 6 nouveaux pays ont introduit des dispositions pour pénaliser la transmission du VIH. C'est pourquoi l'ONUSIDA a publié juste à temps pour la conférence de Mexico un nouveau document sur la criminalisation de la transmission du VIH dans lequel sont répertoriés les risques que ces politiques comportent pour la prévention du sida et les droits des personnes vivant avec le VIH.
Comme l'affirme l'ONUSIDA, il n'existe pas une seule donnée prouvant que de telles dispositions du Code pénal empêchent la transmission du VIH. Juge de la Cour suprême d'Afrique du Sud, Edwin Cameron a pour sa part déclaré lors d'une conférence de presse que "ces lois sont mauvaises".
Cela s'applique aussi à la Suisse: la pratique actuelle a pour risque de laisser croire à la population qu'elle n'a plus à se préocuper de sa protection lors des rapports sexuels puisqu'il existe une obligation unilatérale pour toute personne séropositive, et même pour toute personne qui a pu avoir une relation non protégée mais ignore son statut, d'utiliser un préservatif lors de tout contact sexuel.
Or les règles du safer sex s'appliquent à tous. La lutte contre le VIH/sida ne peut se faire par des lois pénales uniquement, elle passe avant tout par la prévention qui fait appel à la responsabilisation de chacun.
La pénalisation ne devrait s'appliquer que dans les cas de contamination délibérée et avérée, de contamination par violence, ou lorsque la contamination intervient dans le cadre d'une relation stable et durable où le partenaire a caché son statut sérologique.
Nouvelles de Mexico, mardi 5 août 2008
Prévention, Vivre avec le VIH et Recherche
En
collaboration avec le Groupe Sida Genève.Prévention
Mission: Possible! – L'Aide Suisse contre le Sida présente son projet de prévention inédit à un public international.Devant un parterre de spécialistes, Thomas Bucher, responsable de l'Aide Suisse contre le Sida pour la prévention auprès des HSH (hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes) a présenté aujourd'hui son poster "Mission Possible!" à la Conférence internationale sur le sida de Mexico, suscitant un grand intérêt parmi les professionnels de la prévention. Avec Mission:Possible!, lancée en février dernier, l'Aide Suisse contre le Sida a en effet fait figure de pionnière.
L'idée de base est simple: c'est dans les premières semaines et premiers mois d'une infection au VIH – période dite de primo-infection – que la charge virale d'une personne séropositive (son taux de virus dans le sang) est la plus élevée. Environ la moitié des contaminations chez les hommes gays séropositifs ont lieu avec une personne en phase de primo-infection. Ce mécanisme peut être enrayé si tous les hommes gays, en même temps et pour une période de trois mois, respectent scrupuleusement les règles du safer sex. Si cela fonctionne, il n'y aura aucune nouvelle infection pendant cette période et à l'expiration de ce délai plus aucun gay ne sera en phase de primo-infection. Une source critique de propagation de l'épidémie serait ainsi tarie et un cercle vicieux brisé.
Informations complémentaires sur Mission:Possible! : www.missionp.ch
Le poster présenté (PDF 1.4MB)
Vivre avec le VIH
"Santé sexuelle des personnes vivant avec le VIH en Suisse"
Sibylle Nideröst, collaboratrice scientifique à la Haute Ecole de Travail Social (FHNW) et vice-présidente de l'Aide Suisse contre le Sida a présenté les résultats d'une enquête quantitative, standardisée, anonyme, sur la santé sexuelle des femmes et hommes vivant avec le VIH en Suisse. L'étude a été menée par la FHNW en collaboration avec la Cohorte VIH suisse.
L'objectif de cette étude était d'établir une base scientifique pour les professionnels de la santé et du soutien afin d'améliorer l'aide et le conseil apporté aux personnes séropositives concernant leur sexualité.
Quelques résultats ressortis de cette étude: 27% des personnes interrogées se déclaraient insatisfaits de leur sexualité. En général les hommes hétérosexuels se sont déclarés plus insatisfaits de leur vie sexuelle que les homosexuels. 18% des personnes interrogées avaient renoncé à avoir des rapports sexuels après l'annonce du diagnostic. Pour l'auteur il n'est pas étonnant que les femmes et les hommes hétérosexuels aient plus fréquemment des rapports avec un partenaire fixe, tandis que les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH) en avaient également avec des partenaires occasionnels.
La question de la prévention fait également partie de la santé sexuelle.
A la question de savoir ce qui, depuis le diagnostic de séropositivité, avait le plus changé dans leur comportement sexuel, plus de 50% des personnes interrogées ont répondu l'utilisation systématique du préservatif. Celui-ci est plus souvent employé avec un partenaire occasionnel qu'avec le partenaire stable.
Environ 65% disent en effet utiliser régulièrement un préservatif avec leur partenaire stable, contre 72% avec un partenaire occasionnel. Ces chiffres peuvent être augmentés. Les auteurs recommandent à cet effet des programmes de prévention destinés aux personnes séropositives et prenant précisément en compte ces situations. Médecins et conseillers des antennes sida de Suisse devraient consacrer davantage de temps et d'énergie pour aborder les questions de risques et moyens de protection avec les personnes vivant avec le VIH.
Le poster présenté (PDF 34 KB)
Nouvelles de Mexico, lundi 4 août 2008
Prévention, Vivre avec le VIH et Recherche
En
collaboration avec le Groupe Sida Genève.Prévention
Depuis 2003 les infections parmi les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes n'ont cessé de croître. Par ailleurs, au cours du premier semestre 2007, la Suisse a également connu une augmentation des cas d'infection dans la population masculine. Le débat sur ce thème à la conférence de Mexico montre que la Suisse n'est pas le seul pays à connaître cette situation. Au cours d'une session spéciale d'experts sur ce thème les expériences de trois pays ont été présentés et discutés.
Vivre avec le VIH
Répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH en matière de prévention
Quand il est question de prévention du VIH dans le débat public, c'est en règle générale dans la perspective des groupes cibles séronégatifs. On oublie fréquemment que les personnes vivant avec le VIH ont eux-mêmes des besoins en matière de prévention. Les premiers résultats d'une étude en cours sur ce thème important – y compris pour la Suisse – a été présentée au cours d'une session d'experts.
Recherche
Vaccins et microbicides: quelles perspectives maintenant?
Lors de la Conférence internationale sur le sida de Toronto en 2006, l'utilisation de microbicides comme arme miracle contre les infections au VIH avait été annoncée pour un proche avenir. Malheureusement les résultats des essais de microbicides se sont révélés très décevants. La recherche vaccinale a également connu récemment des revers importants. C'est pourquoi ce colloque présente un intérêt tout particulier.
Nouvelles de Mexico, dimanche 3 août 2008
Avant même l'ouverture de la conférence, la Suisse se trouve au cœur des débats internationaux sur la prévention et le traitement du VIH.
Symposium „HIV Transmission under ART“
(Transmission du VIH sous thérapies antirétrovirales)
La Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFPS) a été invitée par l'International Aids Society à mettre sur pied ce symposium dans le but d'ouvrir à un débat plus large la déclaration de la CFPS concernant l'effet préventif des traitements antirétroviraux sur la transmission du VIH.
En effet, depuis sa publication le 30 janvier 2008, la déclaration de la CFPS a d'ores et déjà fait l'objet de nombreuses controverses, en Suisse et à l'étranger, parmi les professionnels et experts comme auprès des personnes concernées.
Pour rappel, l'essentiel de cette déclaration:
Après avoir pris connaissance des faits scientifiques, à la demande de la Commission d’experts clinique et thérapie VIH et sida (CCT) de l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) et après avoir longuement délibéré, la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFPS) arrive à la conclusion suivante:
Une personne séropositive ne souffrant d’aucune autre infection sexuellement transmissible et suivant un traitement antirétroviral (TAR) avec une virémie entièrement supprimée (condition désignée par «TAR efficace » ci-après) ne transmet pas le virus par le biais de contacts sexuels.
Cette affirmation reste valable à condition que:
- la personne séropositive applique le traitement antirétroviral à la lettre et soit suivie par un médecin traitant;
- la charge virale (CV) se situe en dessous du seuil de détection depuis au moins six mois, (autrement dit: la virémie doit être supprimée depuis au moins six mois);
- la personne séropositive ne soit atteinte d’aucune autre infection sexuellement transmissible (IST).
La bonne nouvelle de la CFPS concerne quelques milliers de personnes qui répondent à des critères stricts. Pour tous les autres, les règles du sexe à moindre risque (safer sex) restent, comme auparavant, de rigueur: pas de pénétration sans préservatif, pas de sperme ou de sang dans la bouche.
Le thème de ce symposium a manifestement suscité l'intérêt et attiré un grand nombre de participants à la conférence, la salle étant remplie jusqu'au dernier rang.
L'occasion pour éclaircir certains points
Le Prof. Pietro Vernazza, Président de la CFPS, a saisi l'occasion pour éclaircir certains points qui avaient par le passé mené à quelques malentendus concernant cette déclaration, les suivants en particulier:
- Dans sa déclaration la CFPS a clairement énoncé que cette information n’est pas synonyme pour la prévention de l'affirmation: « le préservatif n’est plus nécessaire ». L’information aux médias a été claire: il s'agit d'une bonne nouvelle pour un petit nombre de personnes; mais aucun changement pour les messages de prévention.
- La déclaration précise également que seul un petit nombre de personnes sous TAR peut être considéré comme présentant un risque négligeable. La CFPS a circonscrit précisément ce groupe de personnes, en se basant sur une évaluation scientifique de la CCT.
- Pour ce groupe de personnes spécifiquement restreint (virémie indétectable depuis plus de 6 mois, en l'absence d’autre IST), la CFPS mesure le risque de transmission à un niveau comparable à celui des risques courants de la vie quotidienne. Ce chiffre correspond aussi au risque résiduel encouru lors d’un rapport oral.
- La CFPS déclare dès lors que c'est au partenaire négatif, au sein d’un couple stable, après avoir reçu une information médicale claire et complète, de prendre la décision en fonction du risque résiduel qu’elle/il est prêt à assumer.
- La déclaration de la CFPS avait également pour objectif de mettre fin aux condamnations pénales non justifiées pour tentative de transmission de maladie infectieuse, qu'encourent les personnes séropositives qui décident de ne pas utiliser de préservatif de commun accord avec leur partenaire stable.
Ensuite les panelistes furent invités à présenter leur point de vue sur la déclaration de la CFPS. Le premier intervenant, le Prof. Myron S. Cohen de l'Université de Caroline du Sud (USA), a principalement exprimé le vœu de voir menées des études spécifiques à long terme sur ce sujet et a profité de l'occasion pour annoncer la mise en route d'un projet d'étude portant sur 600 couples sérodifférents, qui devrait apporter les résultats souhaités à l'horizon 2016. Il s'inquiète notamment de la question des résistances aux traitements et des éventuelles remontées de la charge virale.
Nancy Padian, épidémiologiste de l'Université de Californie du Sud (UCLA), a examiné la déclaration du point de vue de la prévention, en particulier du point de vue des femmes. Elle espère y voir un encouragement au développement et à l'accès aux tests de dépistage et aux traitements, mais craint que l'information amène davantage d'hommes à imposer aux femmes des rapports sans préservatifs. Catherine Hankins, conseillère scientifique de l'ONUSIDA, a quant à elle affirmé que cette déclaration ne pouvait pas s'appliquer aux pays pauvres.
Dernier intervenant, Nikos Dedes, de l'European Aids Treatment Group, s'est exprimé au nom des personnes vivant avec le VIH, parmi lesquelles la déclaration suisse a suscité dès sa parution de nombreux débats. Il en tire un bilan positif, en particulier l'importance que revêt pour les personnes concernées d'être délivrées de l'angoisse et du fardeau "d'être un danger pour la vie d'autrui". Il y voit même une porte ouverte sur la diminution de la stigmatisation et de la discrimination des personnes séropositives.
Reconnaissance envers la CFPS
Au cours du débat qui a suivi entre les panelistes et le public présent, plusieurs personnes concernées ont tenu à exprimer leur reconnaissance envers la CFPS et à saluer la commission suisse pour cette prise de position courageuse.
L’ASS maintient son avis positif
L'Aide Suisse contre le Sida maintient son avis positif sur cette déclaration. Elle représente une excellente nouvelle pour les personnes séropositives qui remplissent les conditions sus-mentionnées. Elle leur permet de vivre leur sexualité pleinement et sans crainte, y compris sans préservatif. Femmes et hommes concernés peuvent grâce à elle bénéficier d'une amélioration appréciable de leur qualité de vie et voir de moins en moins d'attitudes discriminatoires perdurer à leur égard.
Une délégation de l’Aide Suisse contre le Sida sera sur place !
Une délégation de l’Aide Suisse contre le Sida participera à la Conférence internationale sur le sida à Mexico, afin de réunir des informations de première main sur les évolutions actuelles et futures dans les domaines de la prévention, de la représentation des intérêts des personnes touchées ainsi que sur les nouvelles approches thérapeutiques. Des collaboratrices et collaborateurs de l’Aide Suisse contre le Sida présenteront les posters suivants :
- “The impact of laws against discrimination on the grounds of HIV/AIDS in theworkplace". Caroline Suter, juriste, LLM, Aide Suisse contre le Sida.
- „MISSION POSSIBLE in Switzerland: the first test of the new model willing to stop HIV outbreak among gay men.” Thomas Bucher, Aide Suisse contre le Sida.
Votre contact de presse à Mexico :
Thomas Lyssy, porte-parole de l’Aide Suisse contre le Sida, reste à disposition pendant la Conférence au 079 320 90 02 pour toute question, entretien ou interview. Par ailleurs, une Newsletter du jour avec les dernières informations sera envoyée directement de Mexico. Inscrivez-vous maintenant !


